9 octobre 2026

Prix des pellets en France : quelles tendances pour l’hiver 2026-2027 ?

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Granulés de bois destinés au chauffage

À l’approche de l’hiver 2026-2027, le prix des granulés de bois revient naturellement au centre des préoccupations des ménages français équipés d’un poêle ou d’une chaudière à pellets. Après la flambée exceptionnelle observée pendant la crise énergétique de 2022, puis une phase de nette détente, le marché français a retrouvé un fonctionnement beaucoup plus normal. Les derniers chiffres disponibles montrent néanmoins une légère remontée des prix en 2026.

Faut-il pour autant craindre une nouvelle envolée des tarifs pendant l’hiver ? Les données actuellement disponibles ne permettent pas d’anticiper un scénario comparable à 2022. Elles invitent en revanche les consommateurs à surveiller la saisonnalité du marché et, lorsque les conditions de stockage le permettent, à ne pas attendre les premières vagues de froid pour constituer leur stock.

Quel est le prix des pellets en France en 2026 ?

Le meilleur point de départ pour mesurer l’évolution du marché français est l’indicateur du Centre d’Études de l’Économie du Bois (CEEB), organisme qui publie régulièrement des indices et prix de référence pour les produits bois-énergie. Le CEEB travaille notamment avec les données de la filière forêt-bois et ses publications trimestrielles font référence pour suivre les évolutions du secteur.

Selon les données du deuxième trimestre 2026 reprises par Propellet France à partir des indicateurs CEEB, les granulés de bois se situent autour de 385 € la tonne pour les pellets conditionnés en sacs et d’environ 388 € la tonne pour les granulés livrés en vrac. Pour les sacs, cela correspond à approximativement 5,78 € pour un sac de 15 kg.

Il s’agit toutefois d’indicateurs moyens. Le prix réellement payé par un particulier dépend de nombreux paramètres : région, quantité commandée, livraison, distance du distributeur, marque, certification du combustible, promotions ponctuelles ou encore achat au sac plutôt qu’à la palette.

À titre d’exemple, début septembre 2026, Proxi-TotalEnergies affichait une moyenne nationale de 429 € pour une palette de 66 sacs de 15 kg, hors livraison, soit 990 kg de granulés et environ 6,50 € par sac. Cette donnée commerciale ne doit pas être confondue avec l’indicateur national du CEEB, mais elle illustre bien l’écart qui peut exister entre un prix statistique moyen et une offre effectivement proposée au consommateur final.

Les prix remontent-ils avant l’hiver 2026-2027 ?

Une légère tension est effectivement perceptible en 2026.

Au premier trimestre 2026, les données CEEB indiquaient encore environ 367,70 € TTC par tonne pour une palette complète de granulés en sacs chez un distributeur, contre 382,70 € la tonne pour cinq tonnes de granulés en vrac livrées dans un rayon de 50 km.

Avec environ 385 à 388 € la tonne au deuxième trimestre, les derniers indicateurs traduisent donc une remontée, mais celle-ci reste sans commune mesure avec la crise vécue en 2022.

On observe également le retour d’un phénomène classique : la saisonnalité. Les consommateurs commencent à reconstituer leurs stocks à la fin de l’été et au début de l’automne, ce qui renforce progressivement la demande. Le prix national de la palette de Pellets Premium relevé par Proxi-TotalEnergies est ainsi passé de 393 € en février 2026 à 416 € en mars, 419 € en juillet puis 429 € en août et septembre.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’une hausse importante se poursuivra pendant tout l’hiver. Une grande partie de l’évolution dépendra des températures, de la demande réelle, des stocks disponibles chez les producteurs et distributeurs et de la capacité de la filière européenne à ajuster les approvisionnements.

Pourquoi la situation de 2026 est différente de celle de 2022 ?

La crise des granulés de 2022 avait été alimentée par plusieurs facteurs simultanés : explosion de la demande dans le contexte de la crise énergétique européenne, achats de précaution massifs de la part des particuliers, hausse des coûts de production et de transport et recours accru aux importations.

La situation actuelle est différente.

Depuis 2023 et surtout 2024, le marché s’est progressivement normalisé. La France dispose par ailleurs d’un tissu industriel important de producteurs de granulés répartis sur le territoire.

Selon les données présentées par le Syndicat National des Producteurs de Granulés de Bois lors du Propellet Event 2026, la consommation française métropolitaine aurait atteint environ 3 millions de tonnes en 2025, dont environ 2,4 millions de tonnes produites en France. Près de 80 % des pellets consommés dans l’Hexagone seraient donc issus de la production nationale. Environ 650 000 tonnes auraient été importées, essentiellement comme variable d’ajustement du marché, dont plus de 300 000 tonnes depuis la Belgique.

Cette capacité de production locale constitue un élément important pour la stabilité du marché, même si elle ne garantit évidemment pas une absence totale de tension en cas d’hiver particulièrement froid ou de hausse rapide de la demande.

La demande de chauffage aux granulés repart également à la hausse

Un autre élément devra être surveillé pendant la saison 2026-2027 : le nombre d’appareils en circulation.

Après le ralentissement de 2023 et 2024, les ventes de poêles à granulés ont nettement rebondi en 2025. D’après les chiffres publiés par Propellet, 128 000 poêles à granulés ont été vendus en France en 2025, soit une progression de 36 % par rapport à 2024. Les ventes de chaudières à granulés ont atteint 8 060 unités, en hausse de 13,5 %.

À moyen terme, l’augmentation du parc installé soutient mécaniquement la demande en combustible. Elle s’accompagne cependant également de nouvelles capacités de production et d’un marché désormais plus structuré qu’au début de la décennie.

La filière estime aujourd’hui à environ deux millions le nombre de foyers français utilisant le granulé comme énergie de chauffage.

Le pellet reste-t-il compétitif face au gaz et à l’électricité ?

Malgré la remontée enregistrée en 2026, le granulé conserve un avantage important en matière de coût de l’énergie.

Au deuxième trimestre 2026, les indicateurs publiés par Propellet à partir des données CEEB placent le prix énergétique du granulé autour de 8,4 centimes d’euro par kWh : 8,37 c€/kWh pour les sacs et 8,43 c€/kWh pour le vrac.

À titre de comparaison, le même tableau situe le gaz naturel à 14,36 c€/kWh, le fioul domestique à 15,05 c€/kWh, le propane à 17,95 c€/kWh et l’électricité à 22,85 c€/kWh. Une précision est toutefois indispensable : pour l’électricité et le gaz, les dernières valeurs utilisées dans cette comparaison correspondent à décembre 2025. Il faut donc interpréter ces écarts comme des ordres de grandeur et non comme une photographie parfaitement simultanée de tous les marchés énergétiques.

Le prix du combustible n’est d’ailleurs qu’une partie de l’équation. La consommation finale dépend fortement du rendement de l’appareil, de son dimensionnement, de l’isolation du logement, de la température de consigne et de la façon dont le poêle est utilisé.

L’ADEME indique qu’un poêle à granulés moderne peut atteindre un rendement compris entre 85 et 98 %, ce qui explique en partie l’intérêt de cette technologie pour le chauffage domestique.

L’avis d’un fabricant de poêles à granulés

Pour les professionnels du secteur, la principale différence avec la crise de 2022 réside justement dans le retour d’un comportement d’achat plus rationnel.

Poêles à Granulés Italia, fabricant italien spécialisé dans les appareils à pellets et présent également sur le marché français, estime que les consommateurs regardent désormais davantage le coût du chauffage dans son ensemble plutôt que le seul prix d’un sac de granulés. L’entreprise conçoit et assemble ses appareils en Italie et commercialise directement ses poêles auprès des particuliers français.

« Le marché actuel est beaucoup plus équilibré que pendant la crise énergétique de 2022. Pour préparer l’hiver, il est généralement préférable d’anticiper son approvisionnement plutôt que d’attendre les premières périodes de grand froid. Mais il faut aussi regarder au-delà du prix du pellet : un appareil correctement dimensionné, performant et bien réglé peut avoir un impact très important sur la consommation annuelle. Le rendement réel du système reste donc un élément essentiel du budget chauffage », souligne Poêles à Granulés Italia.

L’entreprise rappelle également que la modulation de puissance est importante : un poêle surdimensionné qui multiplie les phases d’allumage et d’arrêt n’est pas nécessairement plus économique qu’un appareil moins puissant travaillant dans sa plage de fonctionnement optimale.

Quels pellets choisir pour l’hiver 2026-2027 ?

La recherche du prix le plus faible ne doit pas conduire à négliger la qualité du combustible.

L’ADEME recommande de privilégier les granulés portant une marque de qualité reconnue, comme ENplus, DINplus ou NF Granulés Biocombustibles Bois Qualité Haute Performance. Ces certifications encadrent notamment certaines caractéristiques du produit et contribuent à assurer une combustion régulière.

Un granulé de mauvaise qualité ou mal conservé peut générer davantage de poussières, se désagréger dans le réservoir et perturber le fonctionnement de l’appareil.

Le stockage est donc lui aussi essentiel. Les sacs doivent être conservés dans un endroit sec, ventilé et protégés de l’humidité. L’ADEME conseille par ailleurs, lorsque cela est possible, d’acheter une quantité suffisante d’un même lot pour couvrir la saison de chauffe : cela peut réduire le coût d’achat et évite de modifier trop fréquemment les caractéristiques du combustible utilisé par le poêle.

Faut-il acheter ses pellets maintenant ou attendre l’hiver ?

Début septembre 2026, les données disponibles ne montrent pas de pénurie nationale de granulés ni de situation comparable à celle de 2022.

En revanche, les premiers signes de hausse saisonnière sont visibles.

Pour un ménage disposant d’un espace de stockage adapté et connaissant approximativement sa consommation annuelle, acheter tout ou partie de son stock avant l’arrivée du froid constitue donc une stratégie prudente. Elle réduit l’exposition aux hausses ponctuelles liées à une forte demande en décembre ou janvier et permet généralement de comparer plus sereinement les offres.

Il faut également comparer les prix sur une base identique : prix par tonne, quantité réellement contenue dans la palette, frais de livraison éventuels et certification du pellet. Un sac vendu quelques centimes moins cher n’est pas automatiquement plus économique si sa qualité provoque une consommation supérieure ou davantage de résidus.

Quel scénario pour le prix des pellets pendant l’hiver 2026-2027 ?

À ce stade, il serait imprudent d’annoncer un prix précis pour janvier ou février 2027.

Les données disponibles début septembre montrent cependant un marché français nettement plus équilibré qu’en 2022, soutenu par une production nationale importante et par des importations européennes capables de jouer un rôle d’ajustement.

Le scénario le plus raisonnable est donc celui d’un marché soumis à sa saisonnalité habituelle, avec la possibilité de tensions temporaires en cas de froid intense ou de hausse rapide de la demande, plutôt qu’une nouvelle crise structurelle.

La tonne de granulés se situe actuellement autour de 385 à 388 € selon les indicateurs nationaux du deuxième trimestre 2026, tandis que les prix constatés auprès de certains grands distributeurs peuvent dépasser 400 € la palette selon le conditionnement et les conditions commerciales.

Pour les particuliers, la meilleure protection contre les fluctuations reste finalement assez simple : anticiper raisonnablement son achat, comparer le prix réel à la tonne, privilégier un granulé certifié, stocker le combustible correctement et surtout utiliser un poêle correctement dimensionné et entretenu.

Dans ces conditions, le granulé de bois devrait conserver pour l’hiver 2026-2027 une position particulièrement compétitive parmi les principales solutions de chauffage résidentiel en France.

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